Les petits Bourgeois - BALZAC Honoré de

CHAPITRE XIV : DEUX SCENES D’AMOUR

– Ah ! vous êtes un grand sorcier, dit Flavie Colleville, en acceptant le bras de la Peyrade pour passer de la salle à manger au salon.

– Et je ne tiens, lui répondit-il, à ensorceler que vous, et, croyez-moi, c’est une revanche que je prends, vous êtes devenue aujourd’hui plus ravissante que jamais !

– Thuillier, reprit-elle pour éviter le combat, Thuillier qui se croit un homme politique !

– Mais, chère, dans le monde, la moitié des ridicules sont le fruit de conspirations de ce genre, l’homme n’est pas si coupable en ce genre qu’on le pense. Dans combien de familles ne voyez-vous pas le mari, les enfants, les amis de la maison persuader à une mère, très-sotte, qu’elle a de l’esprit, à une mère de quarante-cinq ans qu’elle est belle et jeune…. De là des travers inconcevables pour les indifférents. Tel homme doit sa fatuité puante à l’idolâtrie d’une maîtresse, et sa fatuité de rimailleur à ceux qui furent payés pour lui faire accroire qu’il était un grand poëte. Chaque famille a son grand homme, et il en résulte, comme à la chambre, une obscurité générale avec tous les flambeaux de France…. Eh ! bien, les gens d’esprit rient entre eux, voilà tout. Vous êtes l’esprit et la beauté de ce petit monde bourgeois ; voilà ce qui m’a fait vous vouer un culte ; mais ma seconde pensée a été de vous tirer de là, car je vous aime sincèrement, et plus d’amitié que d’amour, quoiqu’il se soit glissé beaucoup d’amour, ajouta-t-il en la pressant sur son coeur à la faveur de l’embrasure où il l’avait conduite.

– Madame Phellion tiendra le piano, dit Colleville, il faut que tout danse aujourd’hui. Les bouteilles, les pièces de vingt sous de Brigitte, et nos petites filles ! Je vais aller chercher mon hautbois !

Et il remit sa tasse de café vide à sa femme, en souriant de la voir en bonne harmonie avec Théodose.

– Qu’avez-vous donc fait à mon mari ? demanda Flavie à son séducteur.

– Faut-il vous dire tous nos secrets ?

– Vous ne m’aimez donc pas ? répondit-elle en le regardant avec la sournoiserie coquette d’une femme à peu près décidée.

– Oh ! puisque vous me dites tous les vôtres, reprit-il en se laissant aller à cette exaltation recouverte de gaieté provinciale, si charmante et si naturelle en apparence, je ne voudrais pas vous cacher une peine dans mon coeur… Et il la ramena dans l’embrasure de la fenêtre, et lui dit en souriant : — Colleville a vu, pauvre homme, en moi l’artiste opprimé par tous ces bourgeois, se taisant devant eux parce qu’il serait incompris, mal jugé, chassé, mais il a senti la chaleur du feu sacré qui me dévore. Oui, je suis d’ailleurs, dit-il avec un ton de conviction profonde, artiste en parole à la manière de Berryer, je pourrais faire pleurer des jurés en pleurant moi-même, car je suis nerveux comme une femme. Et, alors, cet homme, à qui toute cette bourgeoisie faisait horreur, en a plaisanté avec moi ; nous avons commencé contre eux, en riant, et il m’a trouvé aussi fort que lui. Je lui ai dit le plan formé de faire quelque chose de Thuillier, et je lui ai fait entrevoir tout le parti qu’il tirerait d’un mannequin politique, ne fût-ce, lui ai-je dit, que pour devenir monsieurde Colleville, et mettre votre charmante femme où je voudrais la voir, dans une bonne recette générale, où vous devriez vous faire nommer député ; car, pour devenir tout ce que vous devez être, il vous suffira d’aller huit ans dans les Hautes ou dans les Basses-Alpes, dans un trou de ville où tout le monde vous aimera, où votre femme séduira tout le monde… Et ceci, lui ai-je dit, ne vous manquera pas, surtout si vous donnez votre chère Céleste à un homme capable d’être influent à la chambre…. La raison, traduite en plaisanterie, a la vertu de pénétrer ainsi plus avant qu’elle ne le ferait toute seule chez certains caractères ; aussi, Colleville et moi sommes-nous les meilleurs amis du monde. Ne m’a-t-il pas dit à table : — Gredin, tu m’as volé ma phrase. Ce soir nous serons à tu et à toi… Puis une petite partie fine, où les artistes, mis au régime de ménage, se compromettent toujours, et où je l’entraînerai, nous rendra tout aussi sérieusement amis, et peut-être plus qu’il ne l’est avec Thuillier, car je lui ai dit que Thuillier crèverait de jalousie en lui voyant sa rosette… Et voilà, ma chère adorée, ce qu’un sentiment profond donne le courage de produire ? Ne faut-il pas que Colleville m’adopte, que je puisse être chez vous de son aveu…. Mais, voyez-vous, vous me feriez lécher des lépreux, avaler des crapauds vivants, séduire Brigitte, oui, j’empalerais mon coeur de ce grand piquet-là, s’il fallait m’en servir comme d’une béquille pour me traîner à vos genoux !

– Ce matin, dit-elle, vous m’avez effrayée…

– Et, ce soir, vous êtes rassurée ?… Oui, dit-il, il ne vous arrivera jamais rien de mal avec moi.

– Ah ! vous êtes, je l’avoue, un homme bien extraordinaire !…

– Mais non, les plus petits, comme les plus grands efforts, sont les reflets de la flamme que vous avez allumée, et je veux être votre gendre, pour que nous ne puissions jamais nous quitter… Ma femme, hé mon Dieu, ce ne peut être qu’une machine à enfant, mais l’être sublime, la divinité, ce sera toi, lui glissa-t-il dans l’oreille.

– Vous êtes Satan, lui dit-elle avec une sorte de terreur.

– Non, je suis un peu poëte, comme tous les gens de mon pays, allons ! soyez ma Joséphine ?… J’irai vous voir demain à deux heures et j’ai le désir le plus ardent de savoir où vous dormez, les meubles qui vous servent, la couleur des étoffes, comment sont disposées les choses autour de vous, d’admirer la perle dans sa coquille !…

Et il s’éloigna fort habilement sur cette parole, sans vouloir entendre la réponse.

Flavie, pour qui, dans toute sa vie, l’amour n’avait jamais pris le langage passionné du roman, resta saisie, mais heureuse, le coeur palpitant, et se disant qu’il était bien difficile d’échapper à une pareille influence. Pour la première fois, Théodose avait mis un pantalon neuf, des bas de soie gris et des escarpins, un gilet de soie noire et une cravate de satin noir, sur les noeuds de laquelle brillait une épingle choisie avec goût. Il portait un habit neuf, à la nouvelle mode, et des gants jaunes relevés par le blanc des manchettes, il était le seul homme qui eût des manières, un maintien au milieu de ce salon que les invités remplissaient insensiblement. Madame Pron, née Barniol, était arrivée avec deux pensionnaires de chacune dix-sept ans, confiées à ses soins maternels par des familles qui demeuraient à Bourbon et à la Martinique. Monsieur Pron, professeur de rhétorique dans un collége dirigé par des prêtres, appartenait à la classe des Phellion, mais au lieu d’être en surface, de s’étaler en phrases, en démonstrations, de toujours poser en exemples, il était sec et sentencieux. Monsieur et madame Pron, les fleurs du salon Phellion, recevaient les lundis ; ils s’étaient liés très-étroitement par les Barniol avec les Phellion. Quoique professeur, le petit Pron dansait. La grande renommée de l’institution Lagrave, à laquelle monsieur et madame Phellion avaient été, pendant vingt ans, attachés, s’était encore accrue sous la direction de mademoiselle Barniol, la plus habile et la plus ancienne des sous-maîtresses. Monsieur Pron jouissait d’une grande influence dans la portion du quartier circonscrite par le boulevard de Mont-Parnasse, le Luxembourg, et la route de Sèvres. Aussi, dès qu’il vit son ami, Phellion, sans avoir besoin d’avis, le prit-il par le bras, pour aller l’initier, dans un coin, à la conspiration Thuillier, et, après dix minutes de conversation, ils vinrent tous les deux chercher Thuillier, et l’embrasure de la fenêtre opposée à celle où restait Flavie entendit sans doute un trio digne, dans son genre, de celui des trois Suisses dans Guillaume Tell.

– Voyez-vous, vint dire Théodose à Flavie, l’honnête et pur Phellion intrigant !… Donnez une raison à l’homme probe, et il patauge très-bien dans les stipulations les plus sales ; car, enfin, il raccroche le petit Pron, et Pron emboîte le pas, uniquement dans l’intérêt de Félix Phellion, qui tient en ce moment votre petite Céleste… Allez donc les séparer… Il y a dix minutes qu’ils sont ensemble, et que le fils Minard tourne autour d’eux comme un boule-dogue irrité.

Félix, encore sous le coup de la profonde émotion que lui avait fait éprouver l’action généreuse et le cri parti du coeur de Céleste, quand personne, excepté madame Thuillier, n’y pensait plus, eut une de ces finesses ingénues qui sont l’honnête charlatanisme de l’amour vrai ; mais il n’en était pas coutumier ; les mathématiques lui donnaient des distractions. Il alla près de madame Thuillier, imaginant bien que madame Thuillier attirerait Céleste auprès d’elle. De ce profond calcul d’une profonde passion, Céleste sut d’autant plus de gré à Félix, que l’avocat Minard, qui ne voyait en elle qu’une dot, n’eut pas cette inspiration soudaine et buvait son café tout en causant politique avec Laudigeois, qu’il trouva dans le salon avec monsieur Barniol et Dutocq, par ordre de son père, qui pensait au renouvellement de la législature de 1842.

– Qui n’aimerait pas Céleste ! dit Félix à madame Thuillier.

– Pauvre chère petite, il n’y a qu’elle au monde qui m’aime, répondit l’ilote en retenant ses larmes.

– Eh, madame, nous sommes deux à vous aimer, reprit le candide Mathieu en riant.

– Que dites-vous donc là ?… vint demander Céleste à sa marraine.

– Mon enfant, répondit la pieuse victime, en attirant sa filleule, et en la baisant au front, il dit que vous êtes deux à m’aimer…

– Ne vous fâchez pas, de cette prédiction, mademoiselle ! dit tout bas le futur candidat de l’Académie des sciences, et laissez-moi tout faire pour la réaliser !… Tenez, je suis fait ainsi : l’injustice me révolte profondément !… Oh ! que le Sauveur des hommes a eu raison de promettre l’avenir aux coeurs doux, aux agneaux immolés !… Un homme qui ne vous aurait qu’aimée, Céleste, vous adorerait après votre sublime élan, à table ! mais à l’innocence seule de consoler le martyr !… Vous êtes une bonne jeune fille, et vous serez une de ces femmes qui sont à la fois la gloire et le bonheur d’une famille. Heureux qui vous plaira.

– Chère marraine, de quels yeux monsieur Félix me voit-il donc ?…

– Il t’apprécie, mon petit ange, et je prierai Dieu pour vous…

– Si vous saviez combien je suis heureux que mon père puisse rendre service à monsieur Thuillier… et comme je voudrais être utile à votre frère…

– Enfin, dit Céleste, vous aimez toute la famille !

– Eh ! oui ! répondit Félix.

L’amour véritable s’enveloppe toujours des mystères de la pudeur, même dans son expression, car il se prouve par lui-même, il ne sent pas la nécessité, comme l’amour faux, d’allumer un incendie, et un observateur, s’il avait pu s’en glisser un dans le salon Thuillier, aurait fait un livre, en comparant les deux scènes, et voyant les énormes préparations de Théodose et la simplicité de Félix ; l’un était la nature, l’autre était la société ; le vrai et le faux en présence. En apercevant en effet sa fille ravie, exhalant son âme par tous les pores de son visage, et belle comme une jeune fille cueillant les premières roses d’une déclaration indirecte, Flavie eut un mouvement de jalousie au coeur, elle vint à Céleste et lui dit à l’oreille :

– Vous ne vous conduisez pas bien, ma fille, tout le monde vous observe, et vous vous compromettez à causer aussi longtemps seule avec monsieur Félix, sans savoir si cela nous convient.

– Mais, maman, ma marraine est là.

– Ah ! pardon, chère amie, dit madame Colleville, je ne vous voyais pas…

– Vous faites comme tout le monde, répliqua le Saint-Jean-Bouche-d’Or.

Cette phrase piqua madame Colleville, qui la reçut comme une flèche barbelée ; elle jeta sur Félix un regard de hauteur, et dit à Céleste :

– Viens t’asseoir là, ma fille, en s’asseyant elle-même auprès de madame Thuillier, et désignant une chaise à côté d’elle à sa fille.

– Je me tuerai de travail, dit-il alors à madame Thuillier, ou je deviendrai membre de l’académie des sciences pour obtenir sa main à force de gloire.

– Ah ! se dit à elle-même la pauvre femme, il m’aurait fallu quelque savant tranquille et doux comme lui !… Je me serais lentement développée à la faveur d’une vie à l’ombre… Mon Dieu, tu ne l’as pas voulu ; mais réunis et protége ces deux enfants, ils sont faits l’un pour l’autre.

Et elle resta pensive en écoutant le bruit du sabbat que faisait sa belle-soeur, un vrai cheval à l’ouvrage, et qui, prêtant la main à ses deux servantes, desservait la table, enlevait tout dans la salle à manger, afin de la livrer aux danseurs et aux danseuses, vociférant comme un capitaine de frégate sur un banc de quart, en se préparant à une attaque.

« Avez-vous encore du sirop de groseille ! allez acheter de l’orgeat, » ou « il n’y a pas beaucoup de verres, peu d’eau rougie, et prenez les six bouteilles de vin ordinaire que je viens de monter.

Prenez garde à ce que Coffinet, le portier, n’en prenne ! Caroline, ma fille, reste au buffet. Vous aurez une langue de jambon, dans le cas où l’on danserait encore à une heure du matin. Pas de gaspillage. Ayez l’oeil à tout. Passez-moi le balai… mettez de l’huile dans les lampes… et surtout ne faites pas de malheurs… vous arrangerez les restes du dessert afin de parer le buffet ! Voyez si ma soeur viendra nous aider !… Je ne sais pas à quoi elle pense, cette Landore-là !… Mon Dieu qu’elle est lente… Bah ! ôtez les chaises, ils auront plus de place. »

Le salon était plein des Barniol, des Colleville, des Laudigeois, des Phellion et de tous ceux que le bruit d’une sauterie chez les Thuillier, répandu dans le Luxembourg entre deux et quatre heures, moment où la bourgeoisie du quartier se promène avait attirés.

– Etes-vous prête, ma fille ? dit Colleville en faisant irruption dans la salle à manger, il est neuf heures, et ils sont serrés comme des harengs dans votre salon. Cardot, sa femme, son fils, sa fille et son futur gendre viennent d’arriver, accompagnés du jeune substitut Vinet, et le faubourg Saint-Antoine débouche en ce moment. Nous allons passer le piano du salon ici, hein ?

Et il donna le signal en essayant son haut-bois, dont les joyeux canards furent accueillis par un hourra dans le salon. Il est assez inutile de peindre un bal de cette espèce. Les toilettes, les figures, les conversations, tout y fut en harmonie avec un détail qui doit suffire aux imaginations les moins rigides, car, en toute chose, un seul fait sert de cachet par sa couleur et son caractère. On passait sur des plateaux décolorés par places, dévernis, des verres communs pleins de vin pur, d’eau rougie et d’eau sucrée. Les plateaux où se voyaient des verres d’orgeat, des verres de sirop, s’absentaient fréquemment. Il y eut cinq tables de jeux, vingt-cinq joueurs ! dix-huit danseurs et danseuses ! A une heure du matin, on entraîna madame Thuillier, mademoiselle Brigitte et madame Phellion, ainsi que Phellion père, dans les extravagances d’une contredanse vulgairement appelée la Boulangère, et où Dutocq figura la tête voilée, à la façon des kabyles ! Les domestiques qui attendaient leurs maîtres et ceux de la maison firent galerie, et comme cette interminable contredanse dura une heure, on voulut porter Brigitte en triomphe, quand elle annonça son souper ; mais elle entrevit la nécessité de cacher douze bouteilles de vieux vin de Bourgogne. On s’amusait tant, les matrones comme les jeunes filles, que Thuillier trouva le moyen de dire :

– Eh bien, ce matin nous ne savions guère que nous aurions une pareille fête ce jour !…

– On n’a jamais plus de plaisir, dit le notaire Cardot, que dans ces sortes de bals improvisés. Ne me parlez pas de ces réunions où chacun vient gourmé !…

Cette opinion constitue un axiome dans la bourgeoisie.

– Ah bah ! dit madame Minard, moi j’aime bien papa, j’aime bien maman…

– Nous ne disons pas cela pour vous, madame, chez qui le plaisir a fait élection de domicile, dit Dutocq.

La Boulangère finie, Théodose arracha Dutocq au buffet, où il prenait une tranche de langue, et lui dit :

– Allons-nous-en, car il faut que nous soyons demain au petit jour chez Cérizet, pour avoir tous les renseignements sur l’affaire à laquelle nous penserons l’un et l’autre, car elle n’est pas si facile que Cérizet le croit.

– Et comment ? dit Dutocq en venant manger son morceau de la langue dans le salon.

– Mais vous ne connaissez donc pas les lois ?… J’en sais assez pour être au fait des périls de l’affaire. Si le notaire veut la maison, et que nous la lui soufflions, il a la ressource de la surenchère pour nous la reprendre, et il pourra se mettre dans la peau d’un créancier inscrit. Dans la législation actuelle du régime hypothécaire, quand une maison se vend à la requête d’un des créanciers, si le prix qu’on en retire par l’adjudication ne suffit pas à payer tous les créanciers, ils ont le droit de surenchérir ; et le notaire, une fois pris, se ravisera.

– C’est juste ! dit Dutocq. Eh bien, nous irons voir Cérizet.

Ces mots : « Nous irons voir Cérizet ! » furent entendus par l’avocat Minard, qui suivait immédiatement les deux associés ; mais ils n’avaient aucun sens pour lui. Ces deux hommes étaient si loin de lui, de sa voie et de ses projets, qu’il les écouta sans les entendre.

– Voilà l’une des plus belles journées de notre vie, dit Brigitte, quand elle se trouva seule avec son frère, à deux heures et demie du matin, dans le salon désert, quelle gloire que d’être ainsi choisi par ses concitoyens.

– Ne t’y trompe pas, Brigitte, nous devons tout cela, mon enfant, à un homme…

– A qui !

– A notre ami la Peyrade.




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