IV - Gestion bureaucratique des entreprises privées

1. Comment l’intervention de l’Etat et l’affaiblissement du mobile du profit conduisent une entreprise à la bureaucratisation

Une entreprise privée ne subira jamais l’emprise des méthodes de gestion bureaucratiques si elle est dirigée dans l’unique but de réaliser un profit. On a déjà souligné qu’ayant le profit pour objectif, une entreprise industrielle si grande qu’elle puisse être est en mesure d’organiser ses services généraux et chacune de ses branches de telle sorte que l’esprit capitaliste de la recherche du gain la pénètre de la base au sommet.

Mais, à notre époque, la recherche du gain est attaquée de tous côtés. L’opinion publique la condamne comme hautement immorale et extrêmement dangereuse pour la communauté. Les partis politiques et les gouvernements s’efforcent de la faire disparaître et de la remplacer par ce qu’ils appellent l’idée de « service » et qui est en fait la gestion bureaucratique.

Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur ce que les nazis avaient réalisé en ce domaine. Ils avaient réussi à éliminer entièrement de la conduite des entreprises la recherche du profit. L’entreprise libre avait disparu dans l’Allemagne nazie. Il n’y avait plus d’entrepreneurs. Ceux qui avaient été entrepreneurs étaient réduits au rôle de Betriebsführer (directeur d’établissement). Ils ne pouvaient diriger comme ils l’entendaient ; ils étaient tenus d’obéir sans réserve aux ordres venus du Bureau Central d’Organisation de la Production, le Reichswirtschaftsministerium, et des organismes qui lui étaient rattachés pour chaque branche et pour chaque région. L’État ne se contentait pas de fixer les prix et les taux d’intérêt à verser et à réclamer, le niveau des traitements et salaires, le niveau de la production et les méthodes à utiliser pour la production ; il attribuait un revenu défini à tout directeur d’établissement, le transformant ainsi pratiquement en un fonctionnaire salarié. Pareil système n’avait, à part l’emploi de quelques termes, rien de commun avec le capitalisme et l’économie de marché. C’était simplement le socialisme du type allemand, la Zwangswirtschaft. Il ne différait du modèle russe, système de nationalisation intégrale, étendue à toutes les usines, que dans le domaine technique. Et c’était, évidemment, au même titre que le système russe, un type d’organisation sociale purement autoritaire.

Dans le reste du monde, les choses ne sont pas allées si loin. L’entreprise privée subsiste dans les pays anglo-saxons. Mais la tendance qui prédomine aujourd’hui est de laisser l’État intervenir dans la vie de l’entreprise privée. Et cette intervention, dans bien des cas, oblige l’entreprise privée à adopter une organisation bureaucratique.

2. Intervention de l’État sur le niveau du profit

L’État dispose de diverses méthodes pour restreindre les profits qu’une entreprise est autorisée à faire. Les méthodes les plus fréquentes sont les suivantes :

1. Les profits qu’une catégorie spéciale d’entreprises est autorisée à faire reçoivent une limitation. L’excédent ou bien passe à la collectivité publique (par exemple, la ville), ou bien est distribuée en tant que boni aux membres du personnel, ou encore est éliminé par une réduction des tarifs ou des prix imposés à la clientèle.

2. Les pouvoirs publics ont la liberté de fixer les prix ou tarifs que l’entreprise est habilitée à imposer en contrepartie des articles vendus ou des services rendus. Ils en usent pour empêcher ce qu’ils appellent des profits excessifs.

3. L’entreprise n’est pas autorisée à faire payer les produits qu’elle vend et les services dont elle assure la prestation plus que leurs coûts présents augmentés d’un certain chiffre déterminé par les pouvoirs publics, correspondant à un pourcentage des coûts ou à une rétribution fixe.

4. L’entreprise est autorisée à réaliser un bénéfice aussi important que le lui permet l’état du marché ; mais les impôts absorbent la totalité ou la plus grande partie du profit au-dessus d’un certain chiffre.

Le trait commun de ces différents cas est que l’entreprise cesse d’avoir intérêt à accroître ses profits. Elle n’est plus incitée à réduire ses coûts et à travailler avec le rendement le meilleur possible et au plus bas prix. Mais, par contre, subsistent tous les obstacles qui s’opposent à l’amélioration des procédés de fabrication et à la recherche de coûts réduits. Les risques liés à l’adoption de nouvelles méthodes plus économiques reposent tout entiers sur l’entrepreneur. Il lui reste les différends qu’entraîne sa réticence à augmenter les appointements et les salaires du personnel.

L’opinion publique, abusée par les fables trompeuses des socialistes, est prompte à blâmer les entrepreneurs. C’est, nous dit-on, de leur immoralité que provient l’abaissement du rendement. S’ils étaient aussi consciencieux et dévoués au progrès du bien-être général que le sont les fonctionnaires désintéressés, ils chercheraient invariablement, et au mieux de leurs capacités, à améliorer leurs méthodes, bien que leur intérêt personnel ne soit pas en cause. C’est leur mesquine cupidité qui compromet la marche des entreprises sous le système du profit possible, mais limité. Pourquoi un homme ne ferait-il pas de son mieux, même s’il ne peut attendre aucun avantage personnel de l’exécution de ses devoirs qui présente le plus d’utilité sociale ?

Rien ne serait plus absurde que de présenter ainsi le bureaucrate en modèle à l’entrepreneur. Le bureaucrate n’a pas la liberté de rechercher des améliorations. Il est contraint d’obéir aux statuts et aux règlements établis par une autorité supérieure. Il n’a pas le droit de se lancer dans des innovations si ses supérieurs ne les approuvent pas. Son devoir et sa vertu sont l’obéissance.

Prenons l’exemple des conditions de la vie militaire. L’armée est certainement l’organisation bureaucratique idéale et parfaite. Dans la plupart des pays, elle est commandée par des officiers qui se sont sincèrement voués à une seule œuvre : donner à leur pays une armée aussi forte que possible. Néanmoins, l’administration des affaires militaires est caractérisée par une hostilité obstinée envers tout effort d’amélioration. On a dit que les états-majors se préparent toujours pour la guerre passée, jamais pour la prochaine. Toute idée nouvelle rencontre toujours une opposition irréductible. Les champions du progrès en ont fait la désagréable expérience. Il n’est pas nécessaire d’insister sur ces faits ; ils sont familiers à tous.

La raison de cet état de choses peu satisfaisant est évidente. Le progrès, quel qu’il soit, ne s’accorde pas avec les idées traditionnelles et établies et, par conséquent, avec les codes qu’elles inspirent. Chaque étape du progrès est un petit nombre d’hommes, doués de qualités rares et exceptionnelles, ont le don d’inventer des méthodes nouvelles et d’en reconnaître le bienfait. Sous le régime capitaliste, l’innovateur est libre de poursuivre la réalisation de ses projets en dépit de la répugnance de la majorité à reconnaître leurs mérites. Il suffit qu’il réussisse à persuader quelques hommes raisonnables de lui prêter des fonds pour débuter. Sous un système bureaucratique, il est nécessaire de convaincre les dirigeants, en général des hommes âgés habitués à agir selon les prescriptions et qui ne sont plus accueillants aux idées neuves. On ne peut attendre ni progrès ni réforme d’un régime où il est nécessaire avant toute entreprise d’obtenir le consentement des vieillards, où les pionniers des nouvelles méthodes sont considérés comme des rebelles et traités comme tels. Pour un esprit bureaucratique, l’obéissance à la loi, c’est-à-dire l’attachement à la coutume et à la tradition, est la première de toutes les vertus.

Dire au directeur d’une entreprise soumise à un régime de profit possible, mais limité : « Imitez le bureaucrate consciencieux » équivaut à lui ordonner d’éviter toute réforme. Personne ne peut être à la fois un bon bureaucrate et un novateur. Le progrès est précisément ce que les statuts et les règlements n’ont pas prévu : il reste nécessairement en dehors du domaine de l’activité bureaucratique.

La vertu du système du profit est qu’il attache aux améliorations une récompense suffisante pour inciter à prendre des risques importants. Si la récompense est supprimée ou sérieusement diminuée, il ne peut être question de progrès.

La grosse entreprise dépense pour la recherche des sommes considérables parce qu’elle désire tirer profit des nouvelles méthodes de production. Tout entrepreneur recherche continuellement des améliorations ; il désire tirer profit soit de l’abaissement du coût, soit de la qualité meilleure de ses produits. Le public ne voit que l’innovation qui réussit. Il ne se rend pas compte du nombre des entreprises qui ont fait faillite pour s’être trompées en adoptant de nouvelles méthodes.

Il est vain de demander à un entrepreneur de se lancer, sans le stimulant du profit, dans toutes les améliorations qu’il aurait entreprises si le profit envisagé avait dû l’enrichir. Le chef d’entreprise libre se décide après un examen attentif et scrupuleux du pour et du contre et après avoir pesé les chances de succès et d’échec. Il compare le gain possible à la perte possible. C’est sa propre fortune qu’affectera la perte ou le gain. Là est l’essentiel. Comparer le risque de perte que l’on court soi-même et la chance de gain de l’État ou des autres, c’est considérer le problème sous un angle tout à fait différent.

Mais il y a encore quelque chose de plus important. Une innovation malheureuse doit non seulement diminuer le capital investi, mais réduire les profits futurs. La plus grande partie de ces profits, s’ails avaient été réalisés, aurait afflué dans les caisses publiques. Maintenant leur absence affecte les revenus de l’État. L’État ne permettra pas au chef d’entreprise de risquer ce qu’il considère comme son propre revenu. Il estimera qu’il n’est pas légitime de laisser au chef d’entreprise le droit d’exposer à une perte ce qui est pratiquement l’argent de l’État. Il restreindra la liberté de l’entrepreneur dans la direction de ses propres affaires qui, pratiquement, ne sont plus les siennes, mais celles de l’État.

On est déjà entré dans la voie d’une telle politique. Dans le cas des cost-plus contracts, l’État s’efforce de s’assurer que non seulement les coûts réclamés ont été réellement supportés, mais encore que les termes du contrat les rendent légitimes. Il reconnaît toute réduction des coûts réalisée, mais il ne reconnaît pas des dépenses qui, au dire de ses employés, les bureaucrates, ne sont pas nécessaires. La situation qui en résulte est la suivante : le contractant fait des dépenses dans l’intention de réduire ses coûts de production. S’il réussit, cela aboutit — dans le système du coût augmenté d’un pourcentage du coût — à amputer son profit. S’il ne réussit pas, l’État ne lui rembourse pas ses dépenses et il y perd également. Tout effort pour changer quelque chose à la routine de production traditionnelle doit tourner à son désavantage. La seule façon pour lui d’éviter une pénalisation est de ne rien modifier.

Dans le domaine de la fiscalité, les limitations imposées aux appointements sont le point de départ d’un nouveau développement. Elles n’affectent, pour l’instant, que les appointements les plus élevés. Mais elles s’arrêteront difficilement là. Dès que le principe est admis que le fisc a le droit de décider si certains coûts, déductions ou pertes sont justifiés ou non, les pouvoirs du chef d’entreprise seront également restreints en face d’autres éléments du coût. Alors la direction sera dans la nécessité de s’assurer elle-même, avant d’entreprendre une modification, que le fisc approuvera la dépense qu’elle nécessite. Les agents du fisc deviendront les autorités suprêmes en matière industrielle.

3. Intervention de l’État dans le choix du personnel

Toute immixtion de l’État dans l’activité des entreprises aboutit eux mêmes conséquences désastreuses. Elle paralyse l’initiative et engendre la bureaucratie. Nous ne pouvons étudier toutes les méthodes employées, il suffira d’en considérer une, particulièrement nuisible.

Même au XIXe siècle, à l’aube du libéralisme européen, l’entreprise privée ne fut jamais aussi libre qu’aux États-Unis. En Europe continentale, les entreprises, et surtout les grosses entreprises, dépendaient toujours à de nombreux égards des services gouvernementaux. L’administration avait le pouvoir de causer de graves dommages à une entreprise. Pour éviter de tels préjudices, il était nécessaire pour la direction de vivre en bons termes avec les hommes en place.

Le procédé le plus fréquent consistait à céder aux vœux gouvernementaux relatifs à la composition du conseil d’administration. Même en Grande-Bretagne, un conseil d’administration qui ne comprenait pas plusieurs pairs n’était pas considéré comme tout à fait respectable. dans l’Europe continentale, et particulièrement celle de l’Est et du Sud, les conseils d’administration étaient remplis d’anciens ministres, de généraux, de politiciens et des cousins, beaux-frères, condisciples et autres amis de ces dignitaires. On ne demandait à ces directeurs ni compétence commerciale ni expérience des affaires.

La présence de tels ignares au conseil d’administration était généralement inoffensive. Ils se bornaient à toucher leurs jetons de présence et leur part des bénéfices. Mais il y avait des parents et amis des gens en place qu’il n’était pas possible de nommer à un poste de direction. Ils trouvaient des situations salariées parmi le personnel. Ces hommes constituaient une charge plutôt qu’un élément actif.

Avec l’intervention croissante de l’État dans les affaires, il devint nécessaire de nommer des directeurs dont la tâche principale était d’aplanir les difficultés avec les pouvoirs publics. Au début, c’était seulement un vice-président chargé des « rapports avec l’administration ». Par la suite, la qualité principale que l’on demandait au président et à tous les vice-présidents était d’être en bons termes avec l’administration et les partis politiques. Finalement aucune société ne pouvait se permettre le luxe d’avoir à sa tête un homme mal vu de l’administration, des syndicats ouvriers et des grands partis politiques. D’anciens fonctionnaires, secrétaires généraux et conseillers des différents ministères, étaient considérés comme les plus qualifiés pour les fonctions de directeur.

De tels directeurs ne se souciaient aucunement de la prospérité de la société. Ils étaient habitués à l’organisation bureaucratique et ils modifiaient par conséquent la marche des affaires de la profession. Pourquoi se donner de la peine pour produire mieux et meilleur marché si l’on peut compter sur l’appui de l’État ? Pour eux, les marchés avec l’État, une protection douanière plus effective et autres faveurs gouvernementales étaient le but principal. Et ils achetaient de tels privilèges en versant à la caisse d’un parti et aux fonds de propagande du gouvernement, et en nommant des gens sympathiques aux pouvoirs publics.

Depuis longtemps le personnel des grosses sociétés allemandes n’était plus choisi d’après ses capacités commerciales et techniques. Les anciens membres des clubs d’étudiants chics et politiquement influents avaient souvent plus de chance de trouver un emploi et d’obtenir de l’avancement que des spécialistes compétents.

En Amérique, les conditions sont très différentes. Comme toujours, en matière de bureaucratie, l’Amérique est aussi « en retard » dans le domaine de la bureaucratisation de l’entreprise privée. L’ancien ministre de l’Intérieur, Ickes, avait-il raison de dire : « Toute grosse entreprise est une bureaucratie » ? La question n’est pas tranchée. Mais, s’il avait la raison ou dans la mesure où il avait raison, ce n’était pas là le résultat de l’évolution de l’entreprise privée, mais de l’intervention croissante de l’État dans les entreprises.

4. Subordination totale de l’entreprise privée à l’administration

Tout homme d’affaires américain qui a pu étudier les conditions économiques de l’Europe du Sud et de l’Est résume ses observations en deux points : les entrepreneurs dans ces pays ne s’embarrassent pas du rendement de la production et les gouvernements sont aux mains de cliques corrompues. Le tableau est exact dans l’ensemble. Mais il ne mentionne pas que le mauvais rendement industriel et la corruption sont l’un et l’autre la conséquence des méthodes d’intervention gouvernementale dans les entreprises telles qu’elles sont appliquées dans ces pays.

Dans ce système, l’État a le pouvoir de ruiner une entreprise ou de lui prodiguer ses faveurs. Le succès ou l’échec d’une entreprise dépend entièrement de l’arbitraire des gens en place. Si l’homme d’affaires n’est pas citoyen d’une nation étrangère puissante dont les agents diplomatiques et consulaires lui accordent leur protection, il est à la merci de l’administration et du parti au pouvoir. Ils peuvent le déposséder de tous ses biens et le mettre en prison. Par contre, ils peuvent le rendre riche.

Le gouvernement fixe le niveau des droits de douane et des tarifs de transport. Il accorde ou refuse les licences d’importation ou d’exportation. Tout citoyen ou habitant est tenu de vendre à l’État, à un prix fixé par l’État, tous ses produits destinés à l’exportation. D’autre part, l’État est le seul vendeur sur le marché extérieur. Il est libre de refuser comme il l’entend les permis d’exporter et d’importer. En Europe, où presque toutes les productions dépendent de l’importation d’outillage, de machines, de matières premières et de produits semi-finis venus de l’extérieur, untel refus équivaut à la fermeture de l’entreprise. La fixation en dernier ressort du montant des impôts est pratiquement laissée à la discrétion des pouvoirs publics. Sous un prétexte quelconque, l’État peut s’emparer d’une usine ou d’un atelier. Le Parlement est un pantin aux mains des dirigeants ; les juges s’achètent.

Dans de tells circonstances, l’entrepreneur doit avoir recours à deux moyens : la diplomatie et la corruption. Il doit user de ces méthodes vis-à-vis, non seulement du parti au pouvoir, mais également de l’opposition mise hors la loi, persécutée, mais susceptible de prendre un jour le pouvoir. C’est une sorte de double jeu dangereux ; seuls des hommes dépourvus de crainte et de scrupule peuvent prospérer dans ce milieu pourri. Les hommes d’affaires qui ont réussi à une époque plus libérale doivent abandonner la partie et sont remplacés par des aventuriers. Les entrepreneurs venus d’Europe occidentale et d’Amérique, habitués à vivre dans la légalité et la loyauté, sont perdus s’ils s’assurent les services d’agents du pays.

Ce système, naturellement, n’encourage pas beaucoup le progrès technique. L’entrepreneur n’envisage un investissement nouveau que s’il peut acheter l’outillage à crédit à une firme étrangère. Le fait d’être débiteur d’une grosse entreprise d’une des nations occidentales est considéré comme avantageux parce qu’on espère que les diplomates intéressés interviendront pour protéger le créancier et, par la même occasion, favoriseront le débiteur. On n’entreprend de nouvelles productions que si l’État accorde des primes suffisantes pour laisser espérer d’importants profits.

On aurait tort de rendre responsable de cette corruption le système d’intervention gouvernementale dans l’industrie et la bureaucratie en tant que tels. C’est la bureaucratie dégénérée en gangstérisme entre les mains de politiciens dépravés qui est en cause. Cependant il faut avoir clairement que ces pays auraient évité ce mal s’ils n’avaient pas abandonné le système de l’entreprise libre. La reconstruction économique d’après guerre doit, dans ces pays, commencer par un changement politique radical.

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